拍品專文
Peint en 1961, Ettore e Andromaca revient sur un mythe issu d'une longue tradition: les adieux d'Andromaque à son époux, Hector, qui s'apprête à partir au combat. À travers son approche métaphysique, De Chirico donne un souffle entièrement nouveau à cette scène impérissable de l'Iliade, profondément ancrée dans l'imaginaire occidental depuis des millénaires. En portant toute son attention sur le visage des deux amants qu'il prive de traits et d'expression, l'artiste dépouille la scène de ses repères habituels et rend le couple d'autant plus archétypal, universel. Cette réinterprétation du dernier au revoir des époux troyens, l'un des motifs les plus traités de l'histoire de l'art et de la littérature, témoigne avant tout d'une volonté vivace de relier les sujets les plus classiques à la peinture d'avant-garde – un attachement à la tradition qui irrigue l'ensemble de l'œuvre de De Chirico.
De Chirico peint ses tout premiers mannequins en 1914. Trois ans plus tard, ils sont déjà les protagonistes de visions troublantes aux forts accents surréalistes, dans une suite de tableaux (dont Il Trovatore et la première version d'Ettore e Andromaca) où leurs silhouettes rigides et géométriques semblent échouées dans des décors énigmatiques, empreints de mélancolie.
Tout comme les thèmes qu'il emprunte à l'Antiquité, ces éléments incongrus que De Chirico intègre dans ses toiles s'inscrivent dans un procédé plus large: une démarche d'appropriation et de détournement dont il est l'un des pionniers, et qui sera bientôt l'une des pierres angulaires de l'art moderne. Peintre-philosophe autoproclamé, il accorde davantage d'importance à l'idée véhiculée par un tableau qu'à l'objet d'art en lui-même ou à la méthode employée dans sa réalisation. Andy Warhol sera l'un des premiers artistes à saluer l'impact de cet intérêt tout à fait précurseur pour le détournement. Dans les années 1980, le Pape du Pop Art ira même jusqu'à produire une série de toiles sérigraphiées inspirées de l'œuvre de De Chirico ; un hommage magistral dans lequel les figures tant de fois vues, revues et revisitées d'Hector et Andromaque trouveront, tout naturellement, une place de choix.
Painted in 1961, Ettore e Andromaca depicts the moment of farewell between Ettore and his wife, Andromaca, before he departs for battle in The Iliad. De Chirico reimagines this timeless scene through his Metaphysical approach, focusing on the characters’ faces while simultaneously defamiliarizing and universalizing a subject that has been deeply embedded in the Western imagination for thousands of years. The Trojan hero Ettore’s final farewell to his wife, Andromaca, stands as one of the most frequently depicted themes in art and literature. However, in de Chirico’s reinterpretation, the scene exemplifies his enduring commitment to engaging with contemporary painting through a classical lens rooted in tradition.
De Chirico first introduced mannequins into his work in 1914, and by 1917, he had developed a definitive series of paintings, including Il Trovatore and the original version of Ettore e Andromaca. In these works, structured, geometric mannequins are set against sparse, enigmatic, and melancholic backdrops, producing unsettling and surreal imagery.
In the same way that de Chirico borrowed imagery and themes from antiquity, his repeated use of key motifs in his work is also one of the earliest examples of appropriation in modern art. As a self-proclaimed philosophical painter, he valued the idea conveyed within a painting rather than the physical artwork itself or the methods used to create it. One of the first artists to recognize the significance of this pioneering aspect of de Chirico’s work was Pop artist Andy Warhol. In the 1980s, as both a tribute and an acknowledgment of de Chirico’s use of appropriation as an artistic strategy, Warhol produced a series of silkscreen paintings inspired by de Chirico’s works. Among them, the iconic and frequently revisited image of Ettore e Andromaca was a central piece in Warhol’s series.
De Chirico peint ses tout premiers mannequins en 1914. Trois ans plus tard, ils sont déjà les protagonistes de visions troublantes aux forts accents surréalistes, dans une suite de tableaux (dont Il Trovatore et la première version d'Ettore e Andromaca) où leurs silhouettes rigides et géométriques semblent échouées dans des décors énigmatiques, empreints de mélancolie.
Tout comme les thèmes qu'il emprunte à l'Antiquité, ces éléments incongrus que De Chirico intègre dans ses toiles s'inscrivent dans un procédé plus large: une démarche d'appropriation et de détournement dont il est l'un des pionniers, et qui sera bientôt l'une des pierres angulaires de l'art moderne. Peintre-philosophe autoproclamé, il accorde davantage d'importance à l'idée véhiculée par un tableau qu'à l'objet d'art en lui-même ou à la méthode employée dans sa réalisation. Andy Warhol sera l'un des premiers artistes à saluer l'impact de cet intérêt tout à fait précurseur pour le détournement. Dans les années 1980, le Pape du Pop Art ira même jusqu'à produire une série de toiles sérigraphiées inspirées de l'œuvre de De Chirico ; un hommage magistral dans lequel les figures tant de fois vues, revues et revisitées d'Hector et Andromaque trouveront, tout naturellement, une place de choix.
Painted in 1961, Ettore e Andromaca depicts the moment of farewell between Ettore and his wife, Andromaca, before he departs for battle in The Iliad. De Chirico reimagines this timeless scene through his Metaphysical approach, focusing on the characters’ faces while simultaneously defamiliarizing and universalizing a subject that has been deeply embedded in the Western imagination for thousands of years. The Trojan hero Ettore’s final farewell to his wife, Andromaca, stands as one of the most frequently depicted themes in art and literature. However, in de Chirico’s reinterpretation, the scene exemplifies his enduring commitment to engaging with contemporary painting through a classical lens rooted in tradition.
De Chirico first introduced mannequins into his work in 1914, and by 1917, he had developed a definitive series of paintings, including Il Trovatore and the original version of Ettore e Andromaca. In these works, structured, geometric mannequins are set against sparse, enigmatic, and melancholic backdrops, producing unsettling and surreal imagery.
In the same way that de Chirico borrowed imagery and themes from antiquity, his repeated use of key motifs in his work is also one of the earliest examples of appropriation in modern art. As a self-proclaimed philosophical painter, he valued the idea conveyed within a painting rather than the physical artwork itself or the methods used to create it. One of the first artists to recognize the significance of this pioneering aspect of de Chirico’s work was Pop artist Andy Warhol. In the 1980s, as both a tribute and an acknowledgment of de Chirico’s use of appropriation as an artistic strategy, Warhol produced a series of silkscreen paintings inspired by de Chirico’s works. Among them, the iconic and frequently revisited image of Ettore e Andromaca was a central piece in Warhol’s series.