Giulio Paolini (né en 1940)
Giulio Paolini (né en 1940)
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Œuvres d'une Importante Collection Italienne
Giulio Paolini (né en 1940)

L'altra figura

細節
Giulio Paolini (né en 1940)
L'altra figura
deux moulages en plâtre et un moulage en plâtre brisé, deux socles en bois peints
chaque moulage en plâtre: 64 x 45 x 31 cm.
chaque socle: 120 x 30 x 30 cm.
l'ensemble: 185 x 250 x 190 cm.
Exécuté en 1984, cette œuvre est le numéro trois d'une édition de six exemplaire et un (?) exemplaire non numéroté

two plaster casts and one shattered plaster cast, two painted wooden plinths
each plaster cast: 25 ¼ x 17 ¾ x 12 ¼ in.
each plinth: 47 ¼ x 11 ¾ x 11 ¾ in.
overall: 72 7⁄8 x 98 3⁄8 x 74 ¾ in.
Executed in 1984, this work is number three of an edition of six and an (?) unnumbered copy
來源
Galleria Toselli, Milan.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel.
出版
Ausstellungen / Exhibitions. Saison / Season 1985-86, cat. exp., Galerie Paul Maenz, Cologne, 1986 (un autre exemplaire illustré).
Giulio Paolini, cat. exp., Staatsgalerie Stuttgart, Stuttgart, 1986, vol. 2 (un autre exemplaire illustré, p. 37).
Avant-Garde in the Eighties, cat. exp., Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, 1987 (un autre exemplaire illustré; daté '1983').
A. Davie, Art Gallery of New South Wales. Handbook, Sydney, 1988 (un autre exemplaire illustré, p.100).
G. de Vries, Paul Maenz Köln 1970-1980-1990. Eine Avantgarde-Galerie und die Kunst unserer Zeit / An Avant-Garde Gallery and the Art of Our Time, Cologne, 1991 (un autre exemplaire illustré, p. 204).
AGNSW. Collections, Art Gallery of New South Wales, Sydney, 1994 (un autre exemplaire illustré, p. 260).
M. Unterdörfer, Die Rezeption der Antike in der Postmoderne: der Gipsabguss in der italienischen Kunst dersiebziger und achtziger Jahre, Weimar, 1998, pp. 49, 50, 169 et 170, no. 52; p. 145, no. 47 (un autre exemplaire illustré, p. 230).
B. James, E. Capon, Art Gallery of New South Wales. Handbook, Sydney, 1999 (un autre exemplaire illustré, p. 74).
N. Bätzner, Arte Povera. Zwischen Erinnerung und Ereignis: Giulio Paolini, Michelangelo Pistoletto, Jannis Kounellis, Nuremberg 2000 (un autre exemplaire illustré, p. 100).
A. Bond, The Art Gallery of New South Wales. Collections, Sydney, 2000 (un autre exemplaire illustré, p. 260)
Arte moderna. L’arte contemporanea dal secondo dopoguerra ad oggi, No. 37, Milan, 2001 (un autre exemplaire illustré, p. 317).
M. Disch, Giulio Paolini. Catalogo ragionato. Tomo secondo 1983-1999, Milan, 2008, no. 530 (un autre exemplaire illustré, p. 542).
B. Piatti Morganti, Paradigmi e rivoluzioni nella storia del pensiero linguistico, Fano, 2012 (un autre exemplaire illustré en couverture).
A. Bond, The Idea of Art, Sydney, 2015 (un autre exemplaire illustré, pp. 138, 140 et en couverture).
L. Malavasi, 'Un’altra figura: le immagini nell’Italia degli anni Ottanta', in Bianco e nero 77, a. LXXVII, No. 585, Rome, mai-août 2016, p. 10 (un autre exemplaire illustré, p. 13).
Dieci anni in Galtarossa. Misura del tempo. Michele Alberto Sereni, cat. exp., Studio La Città, Vérone 2017 (un autre exemplaire illustré, p. 113).
A. Soldaini, 'Cos’altro c’è da dire?', in Giulio Paolini. A come Accademia, cat. exp., Accademia Nazionale di San Luca, Rome, 2023 (un autre exemplaire illustré, p. 36).
展覽
Cologne, Galerie Paul Maenz, Giulio Paolini. Dal “Trionfo della rappresentazione” (cerimoniale: in prospettiva), février-mars 1986 (un autre exemplaire exposé).
Sydney, Art Gallery of New South Wales, Acquisitions from the Komon, Salkauskas and Horton Funds, mai 1987 (un autre exemplaire exposé).
New York, Marian Goodman Gallery, A Sculpture Show, 1987, juin-juillet (un autre exemplaire exposé).
Sydney, Art Gallery of New South Wales; Melbourne, National Gallery of Victoria, From the Southern Cross: A View of World Art 1940-1988, mai-septembre 1988, p. 281 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 217).
Sydney, Art Gallery of New South Wales, Great Gifts Great Patrons, août-octobre 1994 (un autre exemplaire exposé).
Sydney, Museum of Contemporary Art, Arte Povera: Art from Italy 1967-2002 ,août-novembre 2002, p. 138 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 88)
Dallas, Dallas Museum of Art, Fast Forward: Contemporary Collections for the Dallas Museum of Art, février-mai 2007 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 178).
Sydney, Art Gallery of New South Wales, Revolutions - Forms That Turn. 16th Biennale of Sydney, juin-septembre 2008, p. 295 (un autre exemplaire exposé).
Vérone, Studio La Città, Summer Show. Esotico contemporaneo, juin-septembre 2009 (un autre exemplaire exposé).
Milan, Fondazione Stelline, Elogio della semplicità, mars-juin 2010, p. 131 (illustré, pp. 86 et 87).
Rome, MACRO Museo d’Arte Contemporanea di Roma, Museum new area inauguration, mai 2010 (un autre exemplaire exposé).
Londres, Victoria and Albert Museum; Rovereto, MART Museo d'arte moderna e contemporanea di Trento e Rovereto, Postmodernism: Style and Subversion 1970-1990, septembre 2011-juin 2012 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 26).
Dallas, The Rachofsky House, Parallel Views: Italian and Japanese Art from the 1950s, 60s, and 70s, février-octobre 2013 (un autre exemplaire exposé).
Sindelfingen, Schauwerk, Incontri. Zeitgenössische italienische Kunst, octobre 2013-septembre 2014, p. 67 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 149).
Dallas, The Warehouse, Identity Revisited, février-décembre 2016 (un autre exemplaire exposé).
Dallas, The Warehouse, Thinking Out Loud: Notes for An Evolving Collection, février-avril 2017 (un autre exemplaire exposé).
Florence, Galleria Palatina, Ytalia. Energia Pensiero Bellezza. Tutto è connesso, juin-octobre 2017, pp. 195 et 215 (illustré, pp. 124 et 125).
Bloomfield Hills, Michigan, Cranbrook Museum of Art, Landlord Colors: On Art, Economy, and Materiality, juin-octobre 2019 (un autre exemplaire exposé).
Dallas, The Warehouse, Open Storage: 25 Years Collecting, août 2022-avril 2023 (un autre exemplaire exposé).
Dallas, The Warehouse, For What It’s Worth: Value Systems in Art since 1960, février-juin 2024, p. 308 (un autre exemplaire exposé et illustré, p. 161 et en couverture).

榮譽呈獻

20/21st Century Evening Sale - Paris
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拍品專文

'Quand je place l'une en face de l'autre deux reproductions identiques d'une même statue antique, je ne cherche à me poser ni en créateur, ni en découvreur de ces sculptures. Ce que je veux, c'est devenir l'observateur qui perçoit la distance qui les sépare, et qui saisit ainsi tous les liens possibles, ou l'absence de lien, entre nous et cette image.'

Giulio Paolini

L'altra figura de Giulio Paolini déploie une mise-en-scène quasi-théâtrale : du haut de leurs socles, deux bustes en plâtre examinent les restes d'une troisième statue réduite en miettes, comme brisée par une chute vertigineuse. Disposées face à face, la tête légèrement inclinée, les deux figures en miroir affichent une expression sereine et flegmatique, tandis qu'elles posent un regard impassible sur les éclats de plâtre dispersés au sol. Leurs traits et leur attitude sont directement inspirés du célèbre Éros de Centocelle, statue romaine du dieu de l'amour, elle-même dérivée d'une sculpture hellénistique du IVe siècle avant J.-C., attribuée au maître grec Praxitèle. L'emprunt, la reproduction et la fragmentation des œuvres d'art sont au cœur de la pratique de Paolini. Se nourrissant volontiers de références à l'art ancien et aux écrits classiques, sa démarche tout entière interroge la nature des images, en faisant notamment dialoguer l'histoire et l'idée du temps. L'artiste reviendra maintes fois à cette « sculpture-source », motif privilégié de sa production des années 1980. D'autres exemplaires de ce tirage de L'altra figura ont été exposés dans des institutions majeures ; deux d'entre eux sont aujourd'hui conservés dans les collections permanentes de l'Art Gallery of New South Wales, à Sydney, et du Musée des beaux-arts de l'Ontario, à Toronto.

Au sol, les éclats de plâtre laissent à peine entrevoir les vestiges d'une troisième figure, identique aux deux bustes qui la surplombent. Selon Paolini, « chacune des deux figures semble se demander si ces restes ne seraient pas, par hasard, des fragments d'elle-même, ou bien ceux d'une 'autre figure', finalement pareille à elle » (G. Paolini dans un entretien avec M. Disch, Giulio Paolini. Catalogo ragionato 1960-1999, vol. 1, Milan, 2008, p. 427). Ce jeu de mise en abyme instaure une sorte de confusion d'ordre liminaire, toute notion d'œuvre « originale » ou « authentique » se dissolvant dans la démultiplication des bustes – comme un corps pris entre deux miroirs, dont le reflet se répéterait à l'infini. En ce sens, L'altra figura peut être vue comme un triple portrait. Le visage démoli d'Éros incarne en quelque sorte l'idée d'un cœur brisé, comme pour nous mettre en garde contre les aléas de la passion et du désir. En taillant en pièces le dieu des amours profanes, Paolini semble aussi rappeler que la beauté absolue n'est qu'un mirage, la vanité un piège ; ou comment jouer sur la duplication et la déconstruction des formes pour puiser, dans les tréfonds de l'histoire de l'art, des récits insoupçonnés.

'When I put two identical examples of the same ancient sculpture one in front of the other, I do not wish to be the creator or discoverer of these sculptures, I want to be the observer who sees the distance that divides them and therefore captures all the possibilities of relationship or absence of relationship between that image and us.'

Giulio Paolini

Giulio Paolini’s
L’altra figura presents an almost theatrical mise-en-scène, in which two plaster casts gaze down from tall plinths and appraise the shattered remains of a third, which lies fragmented on the floor as though dropped from a great height. The elevated busts mirror each other and look downwards at an angle from the body. Their expressions are serene, as they gaze cooly at the shards of plaster scattered below. The busts are based on the Eros of Centocelle, a Roman sculpture which was itself a copy of a fourth century Hellenistic depiction of the classical god of love, attributed to the foremost Greek sculptor Praxiteles. Citation, duplication and fragmentation are all characteristic aspects of Paolini’s practice, which explores the nature of images through a dialogue with time and history steeped in references to art history and classical literature. A significant motif within the artist’s oeuvre, Paolini returned often to the same source sculpture for several works executed across the 1980s. Others from the edition of L’altra figura have been widely exhibited and are held in the permanent collections of the Art Gallery of New South Wales, Sydney and the Art Gallery of Ontario, Toronto.

The shards of plaster scattered on the ground between the two busts are just barely recognisable as another of the same form. Paolini suggests that ‘each of the two figures appears as if they were wondering whether those remains might not be a part of themselves, or perhaps the parts of ‘another figure’, after all, identical to them’ (G. Paolini in conversation with M. Disch, Giulio Paolini. Catalogo ragionato 1960-1999, vol. 1, Milan 2008, p. 427). These layers of mimesis impart a sense of liminality, a loss of the ‘real’ or ‘original’ form amid its copies, like one caught between two mirrors in an infinitely receding reflective loop. In this sense the work could be seen as a triple portrait, with Eros’s broken form evocative of a shattered heart in a cautionary allusion to the perils of love and desire. The fracture of Eros likewise suggests the ultimate impossibility of idealised beauty in the realm of the real—a warning against vanity, or the pursuit of love based on only aesthetics. In L’altra figura, Paolini uses pictorial devices of doubling and fragmentation to reveal new narratives embedded within art history.

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