拍品专文
Avec ses contrastes tranchants et ses emblématiques « marges », Escalator (1983) est parfaitement représentatif de l'expression si singulière de Pierre Alechinsky. C'est après ses années CoBrA, mouvement dont il fut l'un des chefs de file entre 1949 et 1951, que l'artiste d'origine belge affirme pleinement le style distinctif de sa maturité. Sans jamais renoncer à l'expressionnisme débridé de ses premières heures, Alechinsky s'inspire librement, dès les années 1950, de l'art qu'il découvre au cours de ses voyages en Extrême-Orient, tout en lorgnant vers les compositions pléthoriques de ses aînés flamands Bosch et Bruegel, ou vers les somptueuses enluminures de manuscrits anciens. Ici, de sinueux motifs végétaux, d'un noir et blanc très graphique, se découpent sur un fond gris vaporeux. Éclatante de couleurs, une bordure de détails verts et rouge flamboyant vient encadrer l'ensemble, à la manière des marges illustrées des livres d'heures du Moyen-Âge.
Par son déploiement vertical, allié à cette scission entre une image centrale aux contours très appuyés, et des bords traités de façon beaucoup plus abstraite, plus fougueuse, Escalator est caractéristique de la période post-CoBrA d'Alechinsky. La touche de l'artiste gagne en spontanéité dès lors qu'il renonce à la peinture à l'huile en 1965, au profit de la fluidité de l'acrylique et de l'aquarelle. « Enfin », dit-il, « je peux peindre comme je dessine ; j'ai toujours été plus doué en dessin qu'en peinture ». Il s'affranchit aussi de la toile, lui préférant le papier. « Je me suis libéré de la peur qui me prenait à la gorge chaque fois que je m'approchais d'une toile tendue, dressée sur son chevalet, ce chevalet qui ressemble tant à la guillotine » (P. Alechinsky in F. de Vree, Alechinsky, Anvers, 1976, p. 7).
Ce support, et le procédé qui en découle, sont empruntés à la calligraphie japonaise dont Alechinsky est un fervent admirateur. Il trouve en effet dans le geste souple de cette pratique qui mêle l'écriture à la peinture, le moyen de laisser libre cours aux visions de son esprit, dans des déchaînements presque mystiques de formes et de couleurs. Penché sur de grandes feuilles de papier couchées à même le sol, Alechinsky travaille debout, de façon entrecoupée, n'agitant que par éclairs son long pinceau japonais. Cette technique aura un fort impact sur l'artiste américain Keith Haring, lequel prétendra avoir reçu ‘une bouffée de confiance’ en voyant pour la première fois ces déferlements effrénés de peinture. Les tableaux comme Escalator ont quelque chose de réjouissant tant par la vivacité de leurs tons, que par leur atmosphère pleine d'allégresse et de fantaisie. Envolées abstraites, élans figuratifs, glyphes impulsifs et formes biomorphiques prennent vie dans les fibres du papier, au gré des ombres et de la lumière. Dernier survivant des années CoBrA, à quatre-vingt-seize ans Alechinsky vit et travaille aujourd'hui encore à Paris.
Par son déploiement vertical, allié à cette scission entre une image centrale aux contours très appuyés, et des bords traités de façon beaucoup plus abstraite, plus fougueuse, Escalator est caractéristique de la période post-CoBrA d'Alechinsky. La touche de l'artiste gagne en spontanéité dès lors qu'il renonce à la peinture à l'huile en 1965, au profit de la fluidité de l'acrylique et de l'aquarelle. « Enfin », dit-il, « je peux peindre comme je dessine ; j'ai toujours été plus doué en dessin qu'en peinture ». Il s'affranchit aussi de la toile, lui préférant le papier. « Je me suis libéré de la peur qui me prenait à la gorge chaque fois que je m'approchais d'une toile tendue, dressée sur son chevalet, ce chevalet qui ressemble tant à la guillotine » (P. Alechinsky in F. de Vree, Alechinsky, Anvers, 1976, p. 7).
Ce support, et le procédé qui en découle, sont empruntés à la calligraphie japonaise dont Alechinsky est un fervent admirateur. Il trouve en effet dans le geste souple de cette pratique qui mêle l'écriture à la peinture, le moyen de laisser libre cours aux visions de son esprit, dans des déchaînements presque mystiques de formes et de couleurs. Penché sur de grandes feuilles de papier couchées à même le sol, Alechinsky travaille debout, de façon entrecoupée, n'agitant que par éclairs son long pinceau japonais. Cette technique aura un fort impact sur l'artiste américain Keith Haring, lequel prétendra avoir reçu ‘une bouffée de confiance’ en voyant pour la première fois ces déferlements effrénés de peinture. Les tableaux comme Escalator ont quelque chose de réjouissant tant par la vivacité de leurs tons, que par leur atmosphère pleine d'allégresse et de fantaisie. Envolées abstraites, élans figuratifs, glyphes impulsifs et formes biomorphiques prennent vie dans les fibres du papier, au gré des ombres et de la lumière. Dernier survivant des années CoBrA, à quatre-vingt-seize ans Alechinsky vit et travaille aujourd'hui encore à Paris.