Max Ernst (1891-1976)
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Succession Guy Lefort
Max Ernst (1891-1976)

Nuit claire

Details
Max Ernst (1891-1976)
Nuit claire
huile, décalcomanie, grattage et spritztechnik sur papier marouflé sur toile
65.2 x 81 cm.
Peint vers 1943

oil, decalcomania, grattage and spritztechnik on paper laid down on canvas
25 5⁄8 x 31 7⁄8 in.
Painted circa 1943
Provenance
Julien Levy Gallery, New York.
Frederick R. Stettenheimer, New York (avant 1962).
Rose Grey, New York.
Collection particulière, États-Unis (par descendance); vente, Sotheby Parke-Bernet, New York, 25 octobre 1972, lot 78 (titré 'Moonlight over Wellfleet').
Collection particulière, Paris (avant 1975).
Puis par succession au propriétaire actuel.
Literature
R. Motherwell, dir., The Documents of Modern Art, Max Ernst: Beyond Painting and other writings by the Artist and his Friends, New York, 1948, p. 53 (illustré; titré 'Moonlight over Wellfleet'; daté '1942').
Brühl, Schloss Augustusburg, Max Ernst, Gemälde und Graphik, 1920-1950, mars-avril 1951, p. 68 (illustré; titré 'Münd übet Wellileet'; daté '1942').
P. Waldberg, Max Ernst, Paris, 1958, p. 83 (illustré; daté '1942').
Lucy R. Lippard, 'Ernst and Dubuffet, A Study in Like and Unlike', in The Art Journal XXI, été 1962, Vol. 4, p. 244 (illustré, fig. 9; titré 'Moonlight over Wellfleet'; daté '1942').
Lucy R. Lippard, 'The world of Dadamax Ernst', in ARTnews, avril 1975 p. 29 (titré 'Moonlight over Wellfleet'; daté '1942').
S. Gablik, 'The Snake Paradise, Evolutionism in the Landscape of Max Ernst', in Art in America, No. 3, mai-juin 1975, p. 38.
E. Quinn, Ernst, Paris, 1976, p. 434, no. 271 (illustré en couleurs, p. 230; daté '1942').
W. Spies, S. et G. Metken, Max Ernst, Œuvre-Katalog, Werke 1939-1953, Cologne, 1987, p. 80, no. 2454 (illustré).
Exhibited
New York, Julien Levy Gallery, Max Ernst, avril-mai 1944, no. 2 (titré 'Moonlight over Wellfleet').
New York, The Solomon R. Guggenheim Museum, Max Ernst: A Retrospective, février-avril 1975, p. 192, no. 199 (illustré; daté '1942').
Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Max Ernst, mai-août 1975, p. 162, no. 238 (illustré, p. 107; daté '1942').
Munich, Haus der Kunst et Berlin, Nationalgalerie, Max Ernst, février-juillet 1979, p. 317, no. 265 (illustré; daté '1942').
Further details
Peinte vers 1943, Nuit claire fut réalisée alors que Max Ernst s’était réfugié à New York, fuyant le vieux continent qui se déchirait dans la guerre. Cette œuvre s’inscrit dans la lignée des décalcomanies qu'Ernst a entamées à la fin des années 1930 et poursuivra jusqu’au milieu des années 1940, inspiré par l'artiste surréaliste Oscar Dominguez qui utilisa pour la première fois cette technique en 1936.
Werner Spies décrit la décalcomanie comme une méthode "qui consiste à étaler de la peinture sur une feuille, à poser une deuxième feuille sur la première, à la presser par endroits, puis à la soulever pour laisser des images suggestives... en général, les images sont fluides. Elles ne représentent aucun monde connu mais semblent plutôt se dévorer les unes les autres et évoluer dans une métamorphose sans fin, évoquant quelque processus végétal ou cosmique..." (Max Ernst, A Retrospective, cat. exp., The Metropolitan Museum of Art, New York, 2005, p. 13-14). Une fois la décalcomanie achevée, Ernst complétait, embellissait les formes et les textures et le tout prenait une apparence de paysages apocalyptiques, de végétations vivantes et de paysages organiques, poreux et étranges, tout droit sortis d’un rêve. Dans Nuit claire, Max Ernst aurait, selon Lucy Lippard, eu recours à de vraies feuilles d’arbres pour réaliser ses décalcomanies et insuffler à son œuvre un caractère quasi géologique (Lucy R. Lippard, 'The world of Dadamax Ernst', in ARTnews, avril 1975 p. 29). Quoi qu’il en soit, ces décalcomanies comptent aujourd’hui parmi les œuvres les plus puissantes de l'artiste.
Peu de temps avant la réalisation de la présente œuvre – lors de la première exposition personnelle de l'artiste tenue en Amérique en 1942 à la Valentine Gallery – Arthur Miller décrivait déjà ces scènes créées par Ernst comme des « traces résiduelles d'un monde suprasensuel qui, comme notre propre monde désolé, semble être sur le point de s'effondrer " (A. Miller, ‘Another Bright Messenger’, in View, série II, No. 1, avril 1942, p. 17). Cependant, avec Nuit claire, et contrairement aux autres œuvres réalisées à cette époque évoquant un monde déchiré par la guerre, en proie aux instabilités politiques et aux agitations, une sensation de calme se dégage de la toile. Celle-ci n’en est pas moins emplie d’un sentiment d’étrangeté et d’une forme de dystopie.
De par son titre et son esthétique, Nuit claire ne peut que plonger le spectateur dans un monde cosmique et onirique, à la fois calme et étrange, fantastique et intemporel ; l’artiste crée ainsi une œuvre tout aussi paisible que menaçante.

Painted around 1943, Nuit Claire (Clear Night) was executed while Max Ernst was living in exile in New York, having fled the Old Continent torn apart by war. This work belongs to the series of decalcomanias that Ernst began creating in the late 1930s and continued until the mid-1940s, inspired by the Surrealist artist Oscar Dominguez, who first used this technique in 1936.
Werner Spies described decalcomania as a method “consisting of spreading paint on a sheet of paper, placing a second sheet upon the first, pressing it in certain areas, then lifting it away to leave suggestive images… Generally, the resulting images are fluid. They represent no known world, but rather seem to devour one another and evolve through endless metamorphosis, evoking some vegetal or cosmic process…” (Max Ernst, A Retrospective, exh. cat., The Metropolitan Museum of Art, New York, 2005, pp. 13-14). Once the decalcomania was completed, Ernst refined and enhanced the forms and textures, giving the whole the appearance of apocalyptic landscapes, living vegetation, and strange, porous organic forms seemingly emerging from dreams. In Nuit Claire (Clear Night), Max Ernst, according to Lucy Lippard, reportedly used real tree leaves to create his decalcomanias and imbue his work with an almost geological quality, (Lucy R. Lippard, “The world of Dadamax Ernst,” in ARTnews, April 1975, p. 29). Whatever the case may be, these decalcomanias are today counted among the artist’s most powerful works.
Shortly before the creation of the present work—on the occasion of the artist’s first solo exhibition held in America at the Valentine Gallery in 1942—Arthur Miller already described the scenes created by Ernst as “residual traces of a supra-sensual world which, like our own desolate world, seems to be on the verge of collapse” (A. Miller, “Another Bright Messenger,” in View, Series II, No. 1, April 1942, p. 17). However, with Nuit Claire (Clear Night), unlike other works produced at this time evoking a world torn by war, political instability, and upheaval, the canvas emanates a serene atmosphere. Nonetheless, it remains imbued with a sense of eeriness and a dystopian mood.
Through its title and aesthetic, Nuit Claire (Clear Night) plunges the viewer into a cosmic and dreamlike world, at once calm yet strange, fantastic yet timeless; thus, the artist creates a work both tranquil and threatening.

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