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Provenant d'une prestigieuse collection, Europe
René Magritte (1898-1967)
La Peine perdue
Details
René Magritte (1898-1967)
La Peine perdue
signé 'Magritte' (en bas à gauche); inscrit 'La Peine perdue' (au revers)
gouache sur papier
39.1 x 29.5 cm.
Exécuté vers 1965-67
signed 'Magritte' (lower left); inscribed 'La Peine perdue' (on the reverse)
gouache on paper
15 3⁄8 x 11 5⁄8 in.
Executed circa 1965-67
La Peine perdue
signé 'Magritte' (en bas à gauche); inscrit 'La Peine perdue' (au revers)
gouache sur papier
39.1 x 29.5 cm.
Exécuté vers 1965-67
signed 'Magritte' (lower left); inscribed 'La Peine perdue' (on the reverse)
gouache on paper
15 3⁄8 x 11 5⁄8 in.
Executed circa 1965-67
Provenance
Robert Elkon, New York (acquis auprès de l'artiste en 1967).
Galerie Beyeler, Bâle.
Vente, Philips, New York, 13 mai 1985, lot 151.
Vente, Me. Briest, Paris, 5 décembre 1986, lot 74 (titré 'Les Trois Rideaux').
Vente, Christie's, Londres, 29 mars 1988, lot 380.
Galerie Heyram, Paris.
Acquis auprès de celle-ci par la famille du propriétaire actuel en mai 1988.
Galerie Beyeler, Bâle.
Vente, Philips, New York, 13 mai 1985, lot 151.
Vente, Me. Briest, Paris, 5 décembre 1986, lot 74 (titré 'Les Trois Rideaux').
Vente, Christie's, Londres, 29 mars 1988, lot 380.
Galerie Heyram, Paris.
Acquis auprès de celle-ci par la famille du propriétaire actuel en mai 1988.
Literature
A. Negri, Magritte, Il buon senso et il senso delle cose, Milan, 1984, p. 53, no. 19 (illustré en couleurs, pl. 19).
D. Sylvester, éd., René Magritte, Catalogue raisonné, Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Anvers, 1994, vol. IV, p. 290, no. 1594 (illustré).
D. Sylvester, éd., René Magritte, Catalogue raisonné, Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Anvers, 1994, vol. IV, p. 290, no. 1594 (illustré).
Further Details
Exemple remarquable de la peinture de maturité de Magritte, La Peine perdue réunit certains des éléments les plus connus de l'iconographie de l'artiste dont les rideaux et le ciel. La composition est dominée par les rideaux monumentaux, à travers lesquels Magritte juxtapose les opposés - le paradoxe de la dissimulation et de la révélation, et le contraste entre le naturel et l'artificiel, entre l'intérieur et l'extérieur. En confrontant ces éléments contrastés, Magritte évoque le paradigme surréaliste essentiel qui consiste à remettre en question la signification et l’usage que nous attribuons à divers objets, et à créer de nouvelles significations en plaçant ces objets dans des contextes nouveaux et inattendus. Expliquant cet amalgame de l'imagerie du ciel et des rideaux, l'artiste déclara à un journaliste : « le ciel est une forme de rideau parce qu'il nous cache quelque chose. Nous sommes entourés de rideaux » (cité dans S. Whitfield, Magritte, cat. exp., The Hayward Gallery, Londres, 1992, note du no. 120).
La présente gouache, est basée sur une composition célèbre et éponyme de Magritte réalisée à l’huile quelques années plus tôt, en 1962 (La Peine Perdue, D. Sylvester, éd., René Magritte, Catalogue raisonné, Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Anvers, 1994, vol. IV, no. 948). Toutes deux font partie d’une série de tableaux réalisés en 1960 et 1962 à partir d'éléments tels que des rideaux, des nuages et un grelot . La Peine perdue renvoi en effet également à L’Ovation (Op. cit., no. 943) de 1962 et est aussi une variation du thème de La Joconde (Op. cit., no. 922) de 1960.
C’est aux environs de Pâques 1962 que, Harry Torczyner, avocat, critique d’art et collectionneur d’art moderne, demande à Magritte d’acquérir une de ses œuvres tout juste finie, Le Beau monde (Op. cit., no. 944). Celle-ci ayant malheureusement déjà été vendue la veille par l’artiste à Lachowskys, Torczyner demande à Magritte de lui réaliser une œuvre similaire, dans l'espoir qu'elle soit prête pour l'exposition de sa collection prévue à Minneapolis plus tard dans l'année. La version à l’huile de La Peine perdue fut donc achevée à la fin du mois de juillet 1962 (trop tard, en fait, pour l'exposition) et livrée par Magritte, déjà encadrée, au mois d'août. Torczyner aurait alors suggéré le titre de l'œuvre à Magritte après avoir raconté à l’artiste l’histoire de cette rue bruxelloise appelée rue de la Peine Perdue (en raison du temps perdu à reconstruire un petit pont qui était emporté chaque hiver) et qui, au fil du temps, fut rebaptisée rue du Pain Perdu (le pain perdu étant du « pain perdu »).
Quelques années plus tard, Magritte réalisa alors une version plus petite, à la gouache aujourd’hui présentée en vente, provenant d’une collection particulière qui comprenait d’autres tableaux importants de Magritte, Dubuffet, Renoir, Picasso, de Staël et autres. La date précise d’exécution demeure incertaine: en effet, Robert Elkon, marchand new-yorkais d’origine belge en fait l’acquisition auprès de l’artiste en 1967 et selon lui, la gouache daterait de 1965.
Abraham Marie Hammacher, alors ancien conservateur du Kröller-Müller à Otterlo écrivit en 1973 à propos des bleus délicats et évocateurs de la version à l’huile : « Wasted Effort est une composition imaginative assez tardive et compliquée en blues. Une grande partie de l'œuvre précédente est présente - même la balle avec la fente, le rejeton transformé des cloches du harnais du cheval. Le ciel puissant avec ses flottes de nuages - qui formeraient un arrière-plan, s'ils ne réapparaissaient pas là où se trouvent les rideaux découpés ou les ailes de théâtre - a subi un changement de ton. On ne pense plus à la réalité en voyant cette triple version des nuages. Magritte a réalisé ici une orchestration symphonique de quelque chose dont on se souvient, en l'appelant « nuages et ciel ». De chaque côté du plan gris-bleu de la scène - car c'est bien de cela qu'il s'agit - se tiennent deux rideaux bleus, comme des cloisons dans le même espace, dans lequel ils ne sont pas suspendus, ni même debout, mais simplement existants, avec une fonction qui leur est propre. Dans cette orchestration, ils sont un peu comme les premières mesures, une modeste ouverture, menant le thème principal au centre. » (A. M. Hammacher, René Magritte, New York, 1973, p. 155).
A remarkable example of Magritte's mature painting, La peine perdue (Wasted effort) combines some of the artist’s most iconic imagery, notably the curtains and sky. The composition is dominated by monumental curtains, through which Magritte juxtaposes opposites—the paradox of concealment and revelation, and the contrast between the natural and the artificial, interior and exterior. By confronting these contrasting elements, Magritte evokes the essential surrealist paradigm of challenging the meanings and uses we assign to various objects, creating new meanings by placing these objects into new and unexpected contexts. Explaining this amalgamation of sky and curtain imagery, the artist stated to a journalist: “the sky is a form of curtain because it conceals something from us. We are surrounded by curtains” (quoted in S. Whitfield, Magritte, exh. cat., The Hayward Gallery, London, 1992, note for no. 120).
This gouache is based on Magritte’s famous eponymous composition executed in oil a few years earlier, in 1962 (La Peine Perdue (Wasted Effort), in D. Sylvester, ed., René Magritte, Catalogue Raisonné, Volume IV: Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Antwerp, 1994, no. 948. vol. IV, no. 948). Both are part of a series of paintings produced between 1960 and 1962 incorporating elements such as curtains, clouds, and a harness bell. Indeed, La Pein perdue (Wasted Effort) also references The Ovation (Op. cit., no. 943) from 1962 and is likewise a variation on the theme of Mona Lisa (Op. cit., no. 922) from 1960.
Around Easter 1962, Harry Torczyner, a lawyer, art critic, and modern art collector, approached Magritte to acquire one of his recently completed works, High Society (Op. cit., no. 944). As this piece had unfortunately been sold by Magritte to Lachowskys the day before, Torczyner asked the artist to create a similar work, hoping it would be ready for the exhibition of his collection scheduled in Minneapolis later that year. Consequently, the oil version of La peine perdue (Wasted effort) was completed at the end of July 1962, unfortunately too late to be included in the exhibition, and delivered already framed by Magritte in August. Torczyner then suggested the name to Magritte after telling the artist about a Brussels street named Rue de la Peine Perdue (“Street of Wasted Effort,” referring to the futile attempts to rebuild a small bridge swept away each winter), which was later renamed Rue du Pain Perdu, playing humorously on the similarity between peine (“effort”) and pain (“bread”), as pain perdu is French toast, literally “lost bread”.
A few years later, Magritte created the smaller gouache version now offered for sale. The exact date of execution is unfortunately unknown; Robert Elkon, a Belgian-born New York dealer, acquired it from the artist in 1967 and dated it to 1965.
Abraham Marie Hammacher, former curator of the Kröller-Müller Museum in Otterlo, wrote in 1973 about the delicate and evocative blues of the oil version: “Wasted Effort is a fairly late and complicated imaginative composition in blues. Much of the earlier work is present—even the ball with the slit in it, the transformed offspring of the horse's harness bells. The mighty sky with its fleets of clouds—which would form a background if they did not appear again where we find the cutout curtains or theater wings—has undergone a change of tone. One no longer thinks of reality when seeing this triple version of clouds. Here Magritte has achieved a symphonic orchestration of something remembered, calling it 'clouds and sky.' On either side of the grey-blue plane of the stage—for that is what it is—stand two blue curtains, as partitions in the same space, in which they are not hanging and hardly even standing, but simply existing, with a function all their own. In this orchestration they are rather like the opening bars, a modest overture, leading to the main theme in the center.” (A. M. Hammacher, René Magritte, New York, 1973, p. 155).
La présente gouache, est basée sur une composition célèbre et éponyme de Magritte réalisée à l’huile quelques années plus tôt, en 1962 (La Peine Perdue, D. Sylvester, éd., René Magritte, Catalogue raisonné, Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Anvers, 1994, vol. IV, no. 948). Toutes deux font partie d’une série de tableaux réalisés en 1960 et 1962 à partir d'éléments tels que des rideaux, des nuages et un grelot . La Peine perdue renvoi en effet également à L’Ovation (Op. cit., no. 943) de 1962 et est aussi une variation du thème de La Joconde (Op. cit., no. 922) de 1960.
C’est aux environs de Pâques 1962 que, Harry Torczyner, avocat, critique d’art et collectionneur d’art moderne, demande à Magritte d’acquérir une de ses œuvres tout juste finie, Le Beau monde (Op. cit., no. 944). Celle-ci ayant malheureusement déjà été vendue la veille par l’artiste à Lachowskys, Torczyner demande à Magritte de lui réaliser une œuvre similaire, dans l'espoir qu'elle soit prête pour l'exposition de sa collection prévue à Minneapolis plus tard dans l'année. La version à l’huile de La Peine perdue fut donc achevée à la fin du mois de juillet 1962 (trop tard, en fait, pour l'exposition) et livrée par Magritte, déjà encadrée, au mois d'août. Torczyner aurait alors suggéré le titre de l'œuvre à Magritte après avoir raconté à l’artiste l’histoire de cette rue bruxelloise appelée rue de la Peine Perdue (en raison du temps perdu à reconstruire un petit pont qui était emporté chaque hiver) et qui, au fil du temps, fut rebaptisée rue du Pain Perdu (le pain perdu étant du « pain perdu »).
Quelques années plus tard, Magritte réalisa alors une version plus petite, à la gouache aujourd’hui présentée en vente, provenant d’une collection particulière qui comprenait d’autres tableaux importants de Magritte, Dubuffet, Renoir, Picasso, de Staël et autres. La date précise d’exécution demeure incertaine: en effet, Robert Elkon, marchand new-yorkais d’origine belge en fait l’acquisition auprès de l’artiste en 1967 et selon lui, la gouache daterait de 1965.
Abraham Marie Hammacher, alors ancien conservateur du Kröller-Müller à Otterlo écrivit en 1973 à propos des bleus délicats et évocateurs de la version à l’huile : « Wasted Effort est une composition imaginative assez tardive et compliquée en blues. Une grande partie de l'œuvre précédente est présente - même la balle avec la fente, le rejeton transformé des cloches du harnais du cheval. Le ciel puissant avec ses flottes de nuages - qui formeraient un arrière-plan, s'ils ne réapparaissaient pas là où se trouvent les rideaux découpés ou les ailes de théâtre - a subi un changement de ton. On ne pense plus à la réalité en voyant cette triple version des nuages. Magritte a réalisé ici une orchestration symphonique de quelque chose dont on se souvient, en l'appelant « nuages et ciel ». De chaque côté du plan gris-bleu de la scène - car c'est bien de cela qu'il s'agit - se tiennent deux rideaux bleus, comme des cloisons dans le même espace, dans lequel ils ne sont pas suspendus, ni même debout, mais simplement existants, avec une fonction qui leur est propre. Dans cette orchestration, ils sont un peu comme les premières mesures, une modeste ouverture, menant le thème principal au centre. » (A. M. Hammacher, René Magritte, New York, 1973, p. 155).
A remarkable example of Magritte's mature painting, La peine perdue (Wasted effort) combines some of the artist’s most iconic imagery, notably the curtains and sky. The composition is dominated by monumental curtains, through which Magritte juxtaposes opposites—the paradox of concealment and revelation, and the contrast between the natural and the artificial, interior and exterior. By confronting these contrasting elements, Magritte evokes the essential surrealist paradigm of challenging the meanings and uses we assign to various objects, creating new meanings by placing these objects into new and unexpected contexts. Explaining this amalgamation of sky and curtain imagery, the artist stated to a journalist: “the sky is a form of curtain because it conceals something from us. We are surrounded by curtains” (quoted in S. Whitfield, Magritte, exh. cat., The Hayward Gallery, London, 1992, note for no. 120).
This gouache is based on Magritte’s famous eponymous composition executed in oil a few years earlier, in 1962 (La Peine Perdue (Wasted Effort), in D. Sylvester, ed., René Magritte, Catalogue Raisonné, Volume IV: Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés, 1918-1967, Antwerp, 1994, no. 948. vol. IV, no. 948). Both are part of a series of paintings produced between 1960 and 1962 incorporating elements such as curtains, clouds, and a harness bell. Indeed, La Pein perdue (Wasted Effort) also references The Ovation (Op. cit., no. 943) from 1962 and is likewise a variation on the theme of Mona Lisa (Op. cit., no. 922) from 1960.
Around Easter 1962, Harry Torczyner, a lawyer, art critic, and modern art collector, approached Magritte to acquire one of his recently completed works, High Society (Op. cit., no. 944). As this piece had unfortunately been sold by Magritte to Lachowskys the day before, Torczyner asked the artist to create a similar work, hoping it would be ready for the exhibition of his collection scheduled in Minneapolis later that year. Consequently, the oil version of La peine perdue (Wasted effort) was completed at the end of July 1962, unfortunately too late to be included in the exhibition, and delivered already framed by Magritte in August. Torczyner then suggested the name to Magritte after telling the artist about a Brussels street named Rue de la Peine Perdue (“Street of Wasted Effort,” referring to the futile attempts to rebuild a small bridge swept away each winter), which was later renamed Rue du Pain Perdu, playing humorously on the similarity between peine (“effort”) and pain (“bread”), as pain perdu is French toast, literally “lost bread”.
A few years later, Magritte created the smaller gouache version now offered for sale. The exact date of execution is unfortunately unknown; Robert Elkon, a Belgian-born New York dealer, acquired it from the artist in 1967 and dated it to 1965.
Abraham Marie Hammacher, former curator of the Kröller-Müller Museum in Otterlo, wrote in 1973 about the delicate and evocative blues of the oil version: “Wasted Effort is a fairly late and complicated imaginative composition in blues. Much of the earlier work is present—even the ball with the slit in it, the transformed offspring of the horse's harness bells. The mighty sky with its fleets of clouds—which would form a background if they did not appear again where we find the cutout curtains or theater wings—has undergone a change of tone. One no longer thinks of reality when seeing this triple version of clouds. Here Magritte has achieved a symphonic orchestration of something remembered, calling it 'clouds and sky.' On either side of the grey-blue plane of the stage—for that is what it is—stand two blue curtains, as partitions in the same space, in which they are not hanging and hardly even standing, but simply existing, with a function all their own. In this orchestration they are rather like the opening bars, a modest overture, leading to the main theme in the center.” (A. M. Hammacher, René Magritte, New York, 1973, p. 155).
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